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Washington supprime 83% des programmes de l’agence USAID

WASHINGTONLe secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a annoncé lundi que 83% des programmes de l’agence de développement USAID, qui représentent une part conséquente de l’aide humanitaire mondiale, allaient être supprimés.

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Washington supprime 83% des programmes de l'agence USAID

“Après un examen de six semaines, nous supprimons officiellement 83% des programmes de l’USAID”, a écrit sur X le chef de la diplomatie américaine, évoquant des “dizaines de milliards de dollars” dépensés inutilement, sans chiffrage plus précis.

“En accord avec le Congrès, nous souhaitons que les 18% de programmes conservés (environ 1000) soient désormais gérés plus efficacement par le département d’Etat”, a-t-il ajouté.

Le département d’Etat, dont dépend l’USAID, avait annoncé le 26 février viser la suppression de 92% des financements de programmes de l’agence, pour une économie de 54 milliards de dollars.

Le président Donald Trump a signé un décret, dès son retour à la Maison Blanche le 20 janvier, ordonnant un gel de l’aide étrangère américaine pour 90 jours, le temps d’un réexamen complet afin d’évaluer sa conformité avec la politique qu’il entend mener, notamment contre les programmes favorisant l’avortement, le planning familial ou encore prônant la diversité et l’inclusion.

Cette décision a suscité choc et émoi dans les milieux humanitaires et au sein de l’USAID, une agence indépendante créée en 1961 et qui gérait, jusqu’à présent, un budget annuel de 42,8 milliards de dollars, soit 42% de l’aide humanitaire déboursée mondialement.

Plusieurs organisations à travers le monde affirment déjà subir les conséquences du gel de l’aide humanitaire américaine, que ce soit pour la lutte contre le sida en Afrique du Sud ou au Kenya, ou les soupes populaires au Soudan, pays ravagé par la guerre.

“Sans une action urgente, sans financement, plus d’enfants vont souffrir de malnutrition. Moins auront accès à l’éducation, et les maladies évitables feront plus de victimes”, a alerté l’agence de l’ONU pour les enfants Unicef.

L’arrêt de l’aide américaine aux programmes de lutte contre la tuberculose met en danger des “millions de vie”, a averti de son côté l’OMS, une autre agence onusienne, dont les Etats-Unis de Donald Trump ont annoncé qu’ils se retiraient.

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Le 10 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

L’ex-banquier Mark Carney, atypique futur premier ministre canadien

MONTREALIl a dirigé deux banques centrales, mais est un novice en politique. Le futur premier ministre canadien, Mark Carney, qui a pris la tête du parti libéral dimanche pour remplacer Justin Trudeau, se démarque par son profil atypique. Il l’affirme lui-même: “Notre époque est tout sauf ordinaire”.

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“Le système mis en place par nos parents a bien fonctionné pour nous. Mais ce bon vieux temps est révolu”, a-t-il déclaré lors du lancement de sa campagne à Edmonton, dans la province de l’Alberta dans l’ouest, où il a grandi.

L’homme de 59 ans a toutefois promis de remettre “l’économie sur des rails” et surtout de tenir tête au président américain Donald Trump dont les menaces représentent “la plus grave crise de l’époque”. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux Canadiens semblent le plébisciter. Il est vu comme pouvant incarner un Canada fort face aux attaques du milliardaire américain.

Se définissant comme un centriste, qui refuse d’opposer l’économie et l’écologie, il était jusqu’à tout récemment envoyé spécial de l’ONU pour le financement de l’action climatique et se présente comme l’homme du changement.

L'ex-banquier Mark Carney, atypique futur premier ministre canadien

Mandat court

Avec des élections législatives prévues au plus tard en octobre, il pourrait ne pas rester premier ministre très longtemps. Mais quelle que soit la durée de son mandat, celui-ci sera unique. Il sera la première personne à devenir premier ministre canadien sans avoir été député et sans expérience au sein d’un gouvernement.

Père de quatre filles, Mark Carney est né dans la petite bourgade isolée de Fort Smith (2500 habitants) dans les Territoires-du-Nord-Ouest, proche de l’Arctique, de deux parents enseignants. Il a grandi à Edmonton, la capitale de l’Alberta et comme beaucoup de Canadiens a joué au hockey sur glace.

Économiste sorti à la fois de Harvard aux Etats-Unis et d’Oxford au Royaume-Uni, Mark Carney a fait fortune en tant que banquier d’affaires chez Goldman Sachs avant de devenir gouverneur de la Banque du Canada, où il a aidé le pays à traverser la crise financière de 2008-2009.

En 2013, il est devenu le premier non-Britannique à diriger la Banque d’Angleterre jusqu’en 2020. Beaucoup considèrent qu’il est l’artisan de la stabilité qui a prévalu pendant le Brexit.

Mark Carney projette une “image rassurante” à “l’opposé de celle de Donald Trump”, commente auprès de l’AFP Daniel Béland de l’université McGill à Montréal. “C’est un technocrate”, poursuit-il. Il peut être vu comme “ennuyeux et sans énormément de charisme”, mais “il pèse chacun de ses mots” et il s’agit d'”un spécialiste des politiques publiques, qui maîtrise très bien ses dossiers”.

“Elite”

Calme et affable, Mark Carney est “exceptionnellement bien outillé pour gérer les crises économiques”, renchérit Lori Turnbull, professeure à l’université de Dalhousie. Il n’est cependant pas un excellent communiquant et sa maîtrise du français, importante dans ce pays officiellement bilingue, a suscité des critiques alors que le Québec est une province qui compte lors des élections.

Cela risque de lui nuire auprès de l’électorat lors des élections législatives qui pourraient avoir lieu ce printemps face au chef conservateur Pierre Poilievre qui ne mâche pas ses mots. Ce dernier n’a pas hésité déjà à le présenter comme un membre de “l’élite qui ne comprend pas ce que vivent les gens ordinaires”.

Ses idées en matière de lutte contre le changement climatique pourraient aussi être un angle d’attaque des conservateurs. Le climat a été au coeur de la dernière partie de la carrière de M. Carney qui affirme mettre l’accent sur des solutions axées sur l’investissement, comme les techniques vertes, qui créent des profits et des emplois.

“Nous mettons l’accent sur l’aspect commercial de la question, sur la compétitivité”, a-t-il récemment déclaré dans un podcast. “C’est la direction que prend le monde”, a-t-il ajouté.

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Le 9 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Trump coupe 400 millions de dollars à l’université Columbia

NEW YORKLe gouvernement américain a annoncé vendredi la “suppression immédiate” de 400 millions de dollars de subventions fédérales à l’université privée new-yorkaise Columbia, épicentre des manifestations propalestiniennes au printemps 2024. Il accuse l’institution d’inaction face “à des actes antisémites”.

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Depuis son investiture le 20 janvier 2025, c’est la première fois que le président américain Donald Trump annonce une offensive si directe contre les finances d’une université. Selon le site en ligne de Columbia, ses revenus s’élevaient en 2024 à 6,6 milliards de dollars, dont 1,3 milliard d'”aides gouvernementales”.

“Ces suppressions représentent la première série d’actions et d’autres devraient suivre”, ont écrit vendredi quatre agences et ministères fédéraux, dont ceux de la justice et de l’éducation, dans un communiqué qui dénonce “l’inaction face au harcèlement persistant des étudiants juifs”.

Trump coupe 400 millions de dollars à l'université Columbia

“Politisation de l’enseignement”

“C’est un nouvel exemple de la politisation de l’enseignement supérieur et de l’ingérence du gouvernement qui entravent la liberté académique et l’autonomie institutionnelle”, a regretté, dans une réaction à l’AFP, la présidente de l’association américaine des universités (AACU), Lynn Pasquerella.

Les positions du gouvernement Trump “soulèvent de sérieuses inquiétudes quant à la liberté académique et les droits du premier amendement” de la constitution américaine sur la liberté d’expression, a-t-elle ajouté.

Le président républicain a eu les universités dans le viseur tout au long de sa campagne présidentielle, dénonçant leur inaction face aux manifestations d’étudiants propalestiniens qui ont secoué les campus américains pour protester contre la guerre menée par Israël à Gaza après les attaques du Hamas.

Cette semaine, Donald Trump a encore menacé de couper les fonds à toute université autorisant “des manifestations illégales”, promettant aussi d’expulser dans leur pays d’origine les étudiants étrangers “agitateurs”.

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Le 8 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

 

L’UDC et le Centre st-gallois défendent les écoles catholiques

St-GALLL’UDC et le Centre st-gallois veulent modifier la constitution cantonale afin que les écoles catholiques puissent prodiguer un enseignement séparé selon les sexes. En janvier, le TF a jugé que la gestion de l’école secondaire publique pour filles Sainte-Catherine à Wil (SG) viole les droits fondamentaux.

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Les deux partis vont déposer une motion au parlement cantonal pour demander une adaptation de la constitution cantonale afin d’autoriser l’enseignement séparé selon les sexes, a indiqué vendredi un comité emmené par les conseillers aux Etats st-gallois Esther Friedli (UDC) et Benedikt Würth (Centre).

La motion propose aussi d’inscrire dans la constitution qu’il n’y a pas d’obligation de participer à des leçons à caractère religieux. Le nouvel article constitutionnel doit aussi autoriser les communes à conclure des contrats avec des écoles privées, notamment les écoles “qui transmettent des valeurs humanistes chrétiennes au sens des communautés religieuses reconnues de droit public dans le canton de St-Gall”.

Les motionnaires estiment que cette adaptation de la constitution cantonale permettra de respecter l’arrêt du Tribunal fédéral. L’UDC et le Centre dispose de la majorité au parlement st-gallois. Si la motion est acceptée, les citoyens st-gallois seront appelés à se prononcer. Le nouvel article constitutionnel devra ensuite obtenir la garantie du Parlement fédéral.

L'UDC et le Centre st-gallois défendent les écoles catholiques

Motivations politiques

Selon Benidikt Würth, le TF s’immisce profondément dans la souveraineté cantonale en matière d’éducation avec un jugement motivé par des considérations politiques. “On a vraiment l’impression que le Tribunal fédéral s’est laissé emporter par un esprit du temps agité”, a-t-il déclaré.

L’arrêt du TF a aussi des conséquences pour l’école secondaire pour filles de Gossau (SG) et l’école secondaire cantonale catholique de St-Gall, a ajouté le conseiller aux Etats. La décision du TF est motivée par des raisons politiques et c’est “insoutenable”, estime Esther Friedli.

En janvier, le TF a accepté un recours des Jeunes Vert-e-s du canton de St-Gall contre le contrat de formation passé par la commune de Wil avec le couvent Sainte-Catherine. Pour le TF, l’orientation religieuse et la séparation des sexes dans l’enseignement violent les droits fondamentaux. Le fonctionnement de cette école secondaire n’est donc pas conforme à la constitution.

Neutralité confessionnelle

Selon le TF, le fonctionnement actuel de l’école Sainte-Catherine, appelée école Kathi, viole le devoir de neutralité confessionnelle des écoles publiques. Celles-ci doivent pouvoir être fréquentées sans que cela porte atteinte à la liberté de conscience et de croyance.

Le principe de neutralité confessionnelle ne vise pas seulement à protéger les convictions religieuses des élèves et de leurs parents. Il vise aussi à garantir la paix religieuse, a rappelé le TF.

L’école Kathi est “clairement orientée vers le christianisme, respectivement le catholicisme”. De nombreux accents religieux sont “délibérément mis en place dans le quotidien de l’école”. Pour le TF, “il faut partir du principe que l’orientation confessionnelle de cet établissement dépasse le devoir de neutralité que l’on peut exiger d’une école publique”.

Egalité de traitement

Le fait que cette école soit réservée aux filles n’est pas compatible avec le principe de l’égalité de traitement, poursuit le TF. En Suisse, le principe de l’enseignement mixte prévaut.

L’enseignement non mixte ne peut qu’exceptionnellement être admissible s’il a pour but de lutter contre un désavantage lié au sexe. “Une dérogation au principe de mixité dans toutes les matières, comme à l’école Kathi, n’est pas conforme à la constitution”, conclut le TF.

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Le 7 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Giovanni Caforio élu président de Novartis

ZURICHLes actionnaires de Novartis, réunis vendredi en assemblée générale, ont élu Giovanni Caforio au poste de président du conseil d’administration. Ce dernier succède à Jörg Reinhardt en fonction depuis 2013.

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Giovanni Caforio élu président de Novartis

Elizabeth McNally a également rejoint l’organe de surveillance du géant pharmaceutique, alors que Jörg Reinhardt, Charles Sawyers et William Winter ne se sont pas représentés pour un nouveau mandat, selon un communiqué publié vendredi.

Le nouveau président, double national italo-américain, a notamment oeuvré pour les laboratoires américains Abbott Laboratories et Bristol Myers Squibb (BMS). Il a été directeur général de BMS entre 2015 et 2023 et président de 2017 à 2024, selon son curriculum vitae. M. Caforio, né en 1964, siège actuellement au conseil d’administration de l’entreprise américaine d’équipement médical Stryker Corp.

Les actionnaires ont également donné leur feu vert au versement d’un dividende de 3,50 francs par titre et à la réduction du capital-actions d’environ 38 millions de francs par l’annulation de 77,5 millions de titres.

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Le 7 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Bible de Moutier-Grandval: retour en Suisse d’une pièce inestimable

BIENNE – La Bible de Moutier-Grandval, rare manuscrit du IXe siècle, fait son retour en Suisse. Cette pièce inestimable est exposée au Musée jurassien d’art et d’histoire (MJAH) de Delémont, dès samedi et jusqu’au 8 juin.

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Ce manuscrit est né vers 830 à l’abbaye de Saint-Martin de Tours en France, avant d’être offert à celle de Moutier-Grandval. Il est aujourd’hui conservé à la prestigieuse British Library de Londres. Déjà exposée quelques mois à Delémont en 1981, la Bible de Moutier-Grandval est l’une des plus anciennes bibles illustrées au monde à avoir été conservée intégralement.

Au MJAH, elle sera présentée dans un espace exclusif. En raison des conditions de conservation élevées requises, le nombre de visiteurs pouvant l’admirer sera contingenté. Aux côtés de cet écrin privatif se développera une exposition temporaire, qui racontera le parcours rocambolesque de cet ouvrage. D’autres manuscrits historiques seront également à découvrir.

Témoin de la culture européenne

Ce chef-d’oeuvre du Moyen Âge a été transcrit par une vingtaine de moines copistes. “C’est l’un des ouvrages les plus importants de la British Library”, a assuré Claire Breay, responsable des manuscrits anciens, médiévaux et du début de l’ère moderne au sein de l’institution, jeudi lors d’une conférence de presse au MJAH. “On souhaite partager nos manuscrits avec le plus de monde possible”, a-t-elle ajouté.

Le parcours de cet objet débute vers 830 quand l’abbaye bénédictine de Moutier exprime son besoin de posséder une bible enluminée. C’est à l’abbaye de Tours que des moines réalisent pour leurs confrères un manuscrit de 898 pages réunis en un volume. Le document reste sept siècles dans la cité prévôtoise.

Oubliée par les chanoines de Moutier dans leur maison capitulaire de Delémont au début de la Révolution française, la Bible est ensuite découverte par les propriétaires du bâtiment. Ils vendent cette trouvaille à l’ancien maire qui la vend à son tour à un antiquaire bâlois, Henry Speyr-Passavant.
Le roi de Charles X manifeste son intérêt pour ce manuscrit. Mais les finances de la France ne permettent pas de se l’offrir. Henry Speyr-Passavant part alors pour Londres et vend la Bible de Moutier-Grandval à la British Library.

Le sens de l’objet a évolué

Une forte émulation est née autour de cette exposition. En effet, archives, bibliothèques, universités, services archéologiques et autres acteurs culturels sont associés à sa mise en place. Différents temps forts sont aussi prévus ces prochaines semaines.

La directrice du MJAH Nathalie Fleury a précisé que la Bible ne pourra pas rester dans le Jura une fois l’exposition terminée. “Elle n’a pas été acquise de manière illicite”, a-t-elle précisé.

L’exposition va de pair avec la publication d’un livre, “Sur les traces d’un chef-d’oeuvre: la Bible de Moutier-Grandval”, écrit par l’historienne Laurence Marti et l’historienne du livre Angéline Rais. “C’est une synthèse des connaissances sur le parcours de cette bible”, a expliqué Laurence Marti. Elle a ajouté que le sens de l’objet avait évolué: religieux au IXe siècle, il est aujourd’hui d’intérêt historique et muséal.

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Le 6 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Wikipedia.

L’UE unie derrière Zelensky, Washington reprend langue avec Kiev

BRUXELLES – Réunis jeudi en sommet de crise à Bruxelles, les dirigeants européens ont affiché leur soutien à l’Ukraine et leur détermination à booster leur défense, au moment où Washington annonçait une nouvelle réunion avec Kiev en Arabie saoudite.

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Dans un contexte géopolitique totalement chamboulé, les échanges et les initiatives se multiplient à une vitesse vertigineuse.

L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a annoncé qu’il rencontrerait une délégation ukrainienne la semaine prochaine, à Ryad ou à Jeddah, pour définir “un cadre pour un accord de paix et un cessez-le-feu initial”. La rencontre est prévue mardi, a précisé un responsable ukrainien à l’AFP.

Près d’une semaine après la violente altercation entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale, les deux parties manifestent leur volonté de reprendre le dialogue. Selon M. Witkoff, le locataire de la Maison Blanche a estimé que la lettre rédigée par le chef de l’Etat ukrainien comportait “des excuses” et était “un premier pas très positif”.

Londres a de son côté annoncé discuter avec une vingtaine de pays “intéressés” à contribuer à un maintien de la paix dans le cadre d’un éventuel accord avec la Russie. Paris réunira mardi des chefs d’état-major des armées des nations européennes prêtes à garantir un futur arrêt des combats sur le sol ukrainien.

“Nous sommes très reconnaissants de ne pas être seuls. Et ce ne sont pas seulement des mots. Nous le ressentons”, a lancé le président ukrainien lors du sommet exceptionnel des 27 dirigeants des pays de l’UE destiné d’abord à muscler la défense européenne.

Dans un contraste saisissant avec l’image d’un président américain menaçant à la Maison Blanche, M. Zelensky était entouré du président du Conseil européen Antonio Costa et de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen qui ont insisté sur leur détermination à soutenir Kiev.

L’Europe et l’Ukraine sont à un “moment décisif”, a martelé cette dernière, promettant de donner aux Ukrainiens “les moyens de se protéger et d’oeuvrer en faveur d’une paix juste et durable”. En écho, le chancelier allemand Olaf Scholz a refusé toute paix qui serait “imposée”.

“Réarmer l’Europe”

Face à la menace russe et à celle du désengagement américain, les lignes bougent: effectuant un virage longtemps inimaginable, l’Allemagne envisage désormais des investissements massifs pour renforcer son armée. Jusqu’ici apôtre d’une stricte orthodoxie budgétaire, elle vient même – à la stupéfaction de nombreux diplomates – de plaider pour une réforme du “corset budgétaire” de l’UE.

Jeudi en début de soirée, les 27 ont donné leur feu vert au plan présenté par la Commission européenne pour “réarmer” le continent. Le texte vise à mobiliser, à terme, quelque 800 milliards d’euros. Parmi les pistes, la possibilité pour les Etats membres d’accroître sensiblement leurs dépenses militaires sans que cela soit pris en compte dans leur déficit”.

“Je veux croire que les Etats-Unis resteront à nos côtés. Mais il nous faut être prêts si tel n’était pas le cas”, avait expliqué le président français Emmanuel Macron dans d’une allocution télévisée mercredi, à la tonalité sombre.

La façon dont l’Europe doit se mettre en ordre de marche sur l’Ukraine ne fait toutefois pas l’unanimité.
Le Premier ministre hongrois nationaliste Viktor Orban, ardent soutien de Donald Trump, a mis en garde contre l’adoption de conclusions écrites sur l’Ukraine à l’issue du sommet, faisant courir le risque de voir les divisions éclater au grand jour.

“Pari dangereux”

Washington, qui s’est ouvertement rapproché du Kremlin depuis une conversation téléphonique entre M. Trump et son homologue russe Vladimir Poutine le 12 février, a gelé lundi son aide militaire à l’Ukraine. Un “pari dangereux”, a commenté la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
M. Zelensky demande par ailleurs de solides garanties de sécurité à ses alliés occidentaux dans le cadre de potentiels pourparlers afin de s’assurer que l’armée russe n’envahisse pas à nouveau son pays après une hypothétique cessation des hostilités.

La Turquie, qui dispose de la deuxième armée au sein de l’Otan en nombre d’hommes, a quant à elle souligné être prête à déployer des forces “si nécessaire” en vue de faire respecter un arrêt des combats.
Pour Emmanuel Macron, la Russie a “déjà fait du conflit ukrainien un conflit mondial”, et, dans ce contexte, “rester spectateur serait une folie”.

Sa proposition d’ouvrir un débat sur la protection de l’Europe par l’arsenal nucléaire français fait d’ailleurs son chemin. C’est “très prometteur”, a réagi le chef du gouvernement polonais Donald Tusk.

En décembre dernier, le taux directeur a été raboté de 50 points de base à 0,50%.

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Le 6 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

ESSAI – Les 3 blocs chrétiens et post-chrétiens du monde : Etats-Unis, Russie et Europe

Dans un monde qui change de paradigme en géopolitique avec ses sphères d’influence suite à l’arrivée de Trump (II) au pouvoir en janvier 2025, pourquoi ne pas avoir une lecture plus théologique en terme de cosmovision. On peut imaginer que la Russie essaie de plus en plus de développer une doctrine orthodoxe et clairement conservatrice sur les valeurs. Les Etats-Unis eux veulent remettre du calvinisme pur (protestantisme) et lutter frontalement face au wokisme et l’Europe cherche un chemin plus libéral, social, certains diront démocratique et athée. Bref, 3 visions du monde et donc 3 blocs s’affrontent dans le nord. Le sud “global” comme la Chine, l’Inde, le Brésil – qui suit une doctrine de non alignement en diplomatie – et les pays musulmans (y compris la Turquie) rigolent probablement de ces divisions du nord et ont déjà des envies de pouvoir, au moins régional.

Russie

Sans rentrer dans trop de détail, il est évident que le rôle de l’orthodoxie est important en Russie, de nouveau pourrait-on dire. On sent une vision moins démocratique mais plus liée aux traditions et aux valeurs familiales, typique de l’orthodoxie. Il semble évident que pour Poutine la fin justifie presque tous les moyens (meurtres ciblés, guerre en Ukraine) pour arriver à sa Weltanschau conservatrice. Un des problèmes de l’Europe et des Etats-Unis est son incapacité à comprendre l’orthodoxie, qui a été détruite intellectuellement bien sûr par l’église catholique qui ne voulait en aucun cas que sa grande rivale de l’est puisse prendre le pouvoir à l’ouest. On ignore presque tout de l’orthodoxie. Cela signifie selon mes sources que l’orthodoxie et donc le christianisme est resté bien plus fort dans certains pays comme la Russie qu’en France ou en Espagne – pays catholiques – par exemple. La haute hiérarchie orthodoxe est très proche du pouvoir politique et cela ne pose aucun problème, l’idée même de laïcité est probablement farfelue dans beaucoup de pays de l’est. Pour parler du “4ème pouvoir”, les médias russes sont principalement au service de Poutine. Il est évident qu’il manque un contre-pouvoir et une liberté d’expression dans le plus grand pays du monde en terme de superficie. Notons que l’Ukraine, plus occidentalisée mais aussi en majorité orthodoxe, semble pour le moment préférer les valeurs européennes progressistes et démocratiques au conservatisme russe. Le rôle en soft-power – réseaux sociaux, Hollywood, médias – des Etats-Unis (avant Trump II) y est aussi pour quelque chose.

Etats-Unis

Aux Etats-Unis, le wokisme développé surtout par les Démocrates (Obama, Biden) et les grandes universités américaines (ex. Harvard, Yale, Stanford, Berkeley) a fait tant de dégâts comme Romanvie.ch en a parlé, qu’il y a désormais une volonté de revanche du parti Républicain de fixer un cap très à droite et conservateur sur de nombreux thèmes. On sent une sorte de “calvinisme sous stéroïde” en remettant le capitalisme et le christianisme au centre du jeu et en misant tout sur l’ “American Dream”, avec bien sûr un peu de protectionnisme (qui varie chaque jour ou mois comme avec le Mexique ou le Canada). Elon Musk veut détruire ou “disrupter” en grande partie l’état fédéral qu’il accuse de wokisme et d’un manque de productivité. La doctrine libertarienne chère à la Silicon Valley est ici marquée et mise en avant. Des médias comme Fox News sont une machine de guerre pour détruire le wokisme et s’avèrent absolument nécessaire pour le l’administration Trump, comme le sont ou l’ont été d’ailleurs CNN ou le New York Times pour construire le wokisme. N’oublions donc pas que l’Amérique est un pays très divisé, même si une légère majorité conservatrice émerge actuellement dans le plus grand pays protestant du monde. Le conservatisme est clairement moins massif qu’en Russie, sur 350 millions d’habitants environ 100 millions d’Américains disent ne plus croire dans le Dieu de la Bible. Mais bizarrement, alors que pour beaucoup de commentateurs le parti Rébublicain n’allait plus gagner il a remporté le vote populaire en novembre 2024, bref les pronostics d’un pays toujours plus progressiste et de gauche étaient faux.

Europe

“Dieu est mort” affirmait le génial (et anti-chrétien) Nietzsche, il posait un diagnostic précis et prophétique. L’Europe, donc toujours plus déchristianisée et passionnée par les philosophes post-modernes du 6ème arrondissement parisien (Bourdieux, Derrida…), ne veut plus rivaliser avec les Américains et les Russes sur le terrain des valeurs et choisit un camp forcément plus franc-maçon (théories du siècle des Lumières), libéral et athée. La laïcité a plus ou moins gagné par chaos sur le Vieux Continent. Autant les pays catholiques que protestants ont chassé la religion chrétienne du débat public, la Grèce orthodoxe selon mes informations est un peu différente mais ce n’est qu’un petit pays européen. La démocratie et l’écologie sont devenues comme des dogmes intouchables en Europe qui justifient aussi tous les moyens. Le Vieux Continent identifie donc désormais les Etats-Unis (de Trump) et la Russie comme deux ennemis surtout sur le terrain intellectuel et du soft power. A part quelques exceptions, tous les médias privés et surtout publiques en Europe sont de gauche et progressistes. Chaque jour il faut donc un article ou un sujet (TV) hystériquement anti-Trump ou anti-Poutine, sans nuance et synthèse hégélienne.

On peut clairement dire que ces 3 blocs sont en rupture totale, même si sur certains points les sociétés américaines et russes sont peut-être plus proches. Bien sûr vous aurez toujours des progressistes aux Etats-Unis et Russie et des conservateurs en Europe. Mais le pouvoir est conservateur en Russie et aux Etats-Unis et progressiste en Europe.

Le 19 mars 2025. Par Xavier Gruffat. V.1.3 de l’article.

L’Allemagne de Merz fait le pari du “No limit” pour se réarmer

BERLIN L’Allemagne prend un virage encore impensable il y a peu en préparant des investissements sans précédent pour se réarmer, un pari politique du futur chancelier Friedrich Merz amorcé sous la pression du désengagement de Donald Trump vis-à-vis des Européens.

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L’annonce, mardi soir, du chef des conservateurs allemands, dix jours après sa victoire aux législatives, envoie un signal fort en pleine tempête provoquée par le rapprochement de Donald Trump avec la Russie.

Pour les Vingt-Sept dirigeants de l’UE, qui participeront jeudi à un sommet crucial sur la sécurité du continent et l’aide à l’Ukraine, cet électrochoc allemand s’ajoute au projet de la Commission européenne, annoncé le même jour, de mobiliser près de 800 milliards d’euros pour des projets de défense.

Si c’est bien le chancelier sortant Olaf Scholz qui représentera l’Allemagne au sommet, Friedrich Merz fait également le déplacement et a déjà rencontré mercredi à Bruxelles le Secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.

Les sommes annoncées par Berlin “sont une surprise, tout comme la rapidité avec laquelle cela s’est fait”, souligne Jacob Ross, politologue au centre de réflexion DGAP, alors que le camp conservateur CDU/CSU et ses partenaires sociaux-démocrates (SPD) ont à peine entamé les discussions pour former une coalition gouvernementale.

“Certaines décisions changent le pays pour longtemps”, commente l’hebdomadaire Die Zeit. L’accord de mardi “sur des prêts jusqu’alors inimaginables pourrait en faire partie”.

Les partenaires européens, et notamment Paris “vont se demander quelles seront les conséquences pour leurs propres économies, pour la zone euro, pour les rapports de force en Europe”, ajoute M. Ross, politologue au centre de réflexion DGAP.

L'Allemagne de Merz fait le pari du "No limit" pour se réarmer

Plafond levé

Première économie de la zone euro, en récession depuis deux ans, et sous pression du retournement d’alliance des Etats-Unis, son allié historique, l’Allemagne veut renforcer son armée et relancer la croissance.

Dans le domaine de la défense, le plafond national que s’est fixé constitutionnellement le pays pour limiter son endettement va de facto être levé. Pour le futur chancelier, la seule règle qui vaille est désormais celle du “quoi qu’il en coûte”.

L’objectif est d’atteindre un volume d'”au moins cent milliards d’euros par an” de dépenses militaires, a dit une responsable du SPD, Manuela Schwesig, soit deux fois plus que ce qui est prévu actuellement.

Cela rapprocherait l’Allemagne du seuil annuel de 3% du PIB correspondant au nouvel objectif que pourraient bientôt retenir les pays de l’Otan.

Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, a parlé d'”un jour historique” pour l’Allemagne”, qui va pouvoir assumer “un rôle moteur” pour renforcer l’Otan et l’Europe.

Le deuxième volet des annonces porte sur les infrastructures du pays, longtemps négligées : les rails, les routes, les écoles, les réseaux de communication vont bénéficier d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros sur dix ans.

L’ensemble du plan d’investissements “bazooka” pourrait être présenté à la chambre des députés sortante le 13 mars, selon la presse allemande, pour un vote le 17 mars, avant même que ne se réunisse la nouvelle assemblée issue des récentes législatives.

Confiance ébranlée

“Pour la sécurité, ce sera ‘No limit'”, a promis Markus Söder, dirigeant conservateur bavarois qui a négocié l’accord avec les sociaux-démocrates.

“Pour beaucoup d’entre nous, la confiance fondamentale en l’Amérique est au moins profondément ébranlée”, a reconnu M. Söder.

L’Allemagne voit dans la douleur Washington se détourner de l’Europe et menacer de refermer le parapluie militaire sous la protection duquel elle s’est placée depuis la Seconde guerre mondiale.

Un nouveau séisme géopolitique après le choc de l’invasion russe de l’Ukraine depuis février 2022. En réaction, Berlin avait déjà annoncé un “changement d’époque” pour sa défense et sa diplomatie.

Mais l’enveloppe exceptionnelle de cent milliards d’euros alors décidée pour moderniser l’armée s’est vite révélée insuffisante.

Le pari politique de Friedrich Merz n’est toutefois pas sans risque pour ce défenseur de la rigueur budgétaire et des baisses d’impôt.

“A peine élu, le futur chancelier allemand prend un virage à 180 degrés”, s’émeut le tabloïd Bild mercredi rappelant que le chef de l’opposition “avait promis de ne pas s’endetter davantage (…). Maintenant, il veut des dettes gigantesques (…)”.

Le parti d’extrême droite AfD, devenu la seconde force politique à la chambre des députés, après avoir doublé son score aux législatives, l’a accusé d’avoir “menti aux électeurs”.

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Le 5 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).

Le bénéfice de la BNS frôle les 81 milliards de francs

ZURICHLa Banque nationale suisse (BNS) est parvenue à réaliser un bénéfice de 80,7 milliards de francs en 2024, après une perte de 3,2 milliards l’année précédente. La Confédération aura droit à un milliard de francs et les cantons deux milliards.

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Le gain sur les positions en monnaies étrangères s’est inscrit à 67,3 milliards de francs après seulement 4 milliards en 2023, selon les résultats définitifs parus lundi. Le stock d’or a généré une plus-value de 21,2 milliards de francs. Au 31 décembre 2024, le prix du kilogramme d’or s’élevait à 76’011 francs, contre 55’593 francs un an auparavant, soit une augmentation de 36,7%.

En revanche, les positions en francs ont enregistré une perte de 7,4 milliards, contre un débours de 8,5 milliards en 2023. “Cette perte résulte principalement de la rémunération des avoirs en comptes de virement, qui s’est élevée à 5,9 milliards de francs”, souligne le document. Les opérations destinées à résorber des liquidités ont entraîné des charges d’intérêts de 1,7 milliard de francs.

Les charges d’exploitation se sont établies à 400 millions de francs.

L’institut souligne qu’il “vise à disposer d’un bilan solide, avec des fonds propres suffisants pour pouvoir absorber des pertes même importantes”. Pour calculer la provision pour réserves monétaires, il explique que “le taux de croissance moyen du PIB nominal ayant été de 3% au cours des cinq dernières années, la règle de la dotation minimale de 10% s’applique pour l’exercice 2024, ce qui correspond à un montant de 11,6 milliards de francs (contre 10,5 milliards en 2023).” La provision pour réserves monétaires passe ainsi de 115,8 milliards de francs à 127,3 milliards.

Après la prise en compte de la réserve pour distributions futures négative de 53,2 milliards de francs, le bénéfice porté au bilan s’établit à 15,9 milliards.

Le bénéfice de la BNS frôle les 81 milliards de francs

Trois milliards à la Confédération et aux cantons

La BNS a prévu le versement d’un dividende de 15 francs par action, ce qui correspond au maximum prévu par la loi, ainsi que la distribution d’un montant de trois milliards de francs à la Confédération et aux cantons. Ces derniers avaient été privés de versements pendant deux ans.

En 2023, la BNS avait essuyé une perte de 3,2 milliards de francs, privant la Confédération et les cantons de toute distribution l’an dernier. En 2022, elle s’était déjà abstenue de tout versement, quand en 2021, six milliards de francs avaient été redistribués à la Confédération et aux cantons.

Après ces versements, la réserve pour distributions futures s’établira à 12,9 milliards de francs. En janvier, la BNS tablait sur “environ 13 milliards de francs”.

Il y a deux mois, la Conférence des directeurs cantonaux des finances (CDF) avait salué le bénéfice record de la Banque nationale suisse en 2024, contrastant avec la perte enregistrée l’année précédente.

Nikolay Markov, économiste senior chez Pictet Asset Management souligne que ce résultat permet à l’institut d’avoir “plus de marge de manoeuvre en matière de politique monétaire. La BNS pourra désormais être plus active sur le marché des changes, son deuxième instrument de politique monétaire complémentaire du Saron.”

En effet, étant donné que la BNS est désormais en position de distribuer des bénéfices à la Confédération et aux cantons, “elle fera face à moins de pression pour réaliser de solides résultats en 2025, ce qui lui donnera plus de flexibilité dans le cadre actuel de sa politique monétaire”.

Selon l’expert, la gardienne du franc devrait donc être disposée à intervenir plus souvent sur le marché des changes pour compenser les fortes pressions à la hausse sur le franc, sans se soucier des effets sur son bilan, sachant que sa marge de manoeuvre en termes de taux d’intérêt est beaucoup plus limitée. Atteindre des taux à zéro ou même plus bas “est une possibilité bien plus lointaine”, a conclu M. Markov.

En décembre dernier, le taux directeur a été raboté de 50 points de base à 0,50%.

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Le 3 mars 2025. Sources : Keystone-ATS. Crédits photos: Adobe Stock, Pixabay ou Pharmanetis Sàrl (Creapharma.ch).